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20 Septembre 2020 à 20:05:53

Izazen  |  Messages récents
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 le: Hier à 10:35:18 
Démarré par Guy H - Dernier message par Guy H



48, le puits et 21, Mordre au travers et unir, loi et châtiment, rétablir de l’harmonie .


48, le puits, source de vie.

Le trigramme Bois soulève celui de l’Eau, c’est le puits.
Le bois pénètre au fond de l’eau et la remonte en surface.

Les mots : quête de la vérité – sagesse – vision – connaissance intuitive – retour à la source – accès au fond des choses.

Mais aussi :
Puits. En bon ordre, régulièrement. Terrain carré divisé en neuf parties égales, comme le caractère Jing.

Autres symboles:
Le puits et ses huit familles - un terrain divisé en neuf parties égales avec le puits au centre - l'espace vide autour duquel s'organise la vie - organisation, ordre et partage des taches - pénétrer, communiquer, traverser librement.

Le Ricci : le puits, moment où il faut descendre dans les profondeurs où il faut capter ce qui vivifie sans s’épuiser.


Comme toute lumière doit se ressourcer,
 pas de temps pour se reposer,
 et se préparer à plonger en cette eau du puits !

L’eau, c’est le sentiment d’une appartenance commune.
De plus en ce lieu, le puits où tout le monde vient y puiser son eau quotidienne,
tel un centre caché qui sécrète des liens,
il y a un pouvoir manifeste avant de puiser, celui d’échanger,
on communique avec tous ceux qui viennent aussi puiser,
 attendant leur tour de plonger un seau.

L’eau va devenir nourriture et se diffuse déjà dans la communication.
A défaut de lumière partageons l’eau de clarté….
Ma Deva Padma écrit ainsi :
 
" Boire à la source de la clarté
qui se trouve dans les profondeurs de l’être,
 c’est connaître le goût du Tao.
Il est accessible à tous ceux qui ont soif et acceptent
de plonger au cœur d’eux-mêmes pour s’y désaltérer.
Une fois que vous aurez goûté aux eaux claires de la source,
 vous y reviendrez souvent.

Elle est la source qui désaltère et rafraîchit,
celle qui coule éternellement comme une fontaine limpide
tout au long de l’existence. "


L’eau est le bien partagé de tous les êtres,
 leur ressource cachée, leur nourriture.
Le bois est la constance qui pousse à croître et à s’établir dans la forme.
Le bois est à l’intérieur : pression insistante de ce qui dure et
 par quoi on s’élève.
L’eau est au-dessus (du trigramme bois) : convergence silencieuse de ce qui travaille et qui peine.

H48. Le puits, son image est symbolisée par un treuil et son bâti.
Tout peut changer de place, excepté le puits,
le plus précieux des biens dans un village.
Une grille symbolise ce H48, c’est la division de parcelles de terrains et au milieu le puits qui ne sera plus déplacé, on peut déplacer un village mais pas le puits.

Le but du puits est d’être utile aux êtres, il détient la Source de la Vie.
Comme l’eau monte dans la plante et lui permet de se développer.
Elle s’élève cette eau de même le long du puits
pour se répandre à l’extérieur.

Ainsi la vie se propage-t-elle
au dehors tout en gardant le lien avec les profondeurs ?

Dans la société humaine, l’eau ne devient pas nourriture sans effort.
Le travail des hommes est nécessaire
pour que les puits soient construits
 et l’irrigation mise en place.
Le puits est ainsi le symbole de l’organisation collective
 qui semble avoir prévalu dans l’ancienne Chine.

Marguerite de Surany en « Le perpétuel devenir » apporte un plus à ce puits :

"Dans l’antiquité on s’établissait autour d’un puits et l’on partageait les lots de terrain qui l’entouraient entre huit familles.
Huit étant le nombre symbolique de l’équilibre cosmique.
Le puits est le symbole de la permanence de la forme :
« on ne déplace pas le puits » et
« il ne perd pas et ne gagne rien », disent les textes.
Par contre, « le hameau ou village peut être déplacé »,
Et voilà les
forces de ceux qui habitent le village entrant en mouvement.


De plus si les lots en un village étaient divisés en neuf parties
 (si possible égales)
le lot central étant réservé au puits ainsi l’ordre était respecté,
son appartenance partagée par tout le village.

Si l’eau est donc le sentiment d’une appartenance commune –
 encore faut-il transformer cette intuition en communauté effective.

Ces efforts peuvent être coordonnés :
alors le pays est comme un corps dont les forces œuvrent en symbiose,
 où chaque être a sa place
en tant que source et soutien pour les autres.
Cela devient une communauté associée à
la "sensibilité aux autres ",
sans tomber dans les excès des émotions.

Cependant faut-il passer par une intervention énergique…... décidée ?
H21.



21, Mordre au (à) travers et unir.

Le trigramme Foudre ou Tonnerre est surmonté du trigramme Feu.
Il y a en ce H21 un redoublement d’énergie, en haut clarté en bas ébranlement.
Encore deux pôles complémentaires.

Les choses de ce monde ne peuvent suivre librement leur cours,
car il existe des causes de désunion.
Il faut éliminer l’obstacle pour établir la libre communication.

Les mots : accomplissement d’actions décisives – rétablissement de l’ordre – usage sensé de la force – justice – dévouement tenace à la tâche.

Mais aussi :
Shi : Mordre, mâcher, manger. Atteindre, arriver à.
He : Unir, ensemble, fermer. Boire.

Autres symboles :
La bouche d’un chaman, celui qui utilise un texte écrit sur bambou, réunit ce qui était séparé – mâcher – trancher – la bouche se referme aussi aisément que le couvercle s’emboîte sur le récipient – les chamans mènent l’enquête – manger.

Le Ricci définit ainsi le H21 : intervention active, moment où l’emploi des mesures vigoureuses rétablit l’harmonie entre le haut et le bas.


SHI HE.
SHI est la parole (une bouche à gauche dans l’image)
 du devin à son consultant :
à sa droite, les deux hommes sont entre ciel et terre,
et la barrière de la science les sépare,
car l’un sait et l’autre ne sait pas.

HE , est unir, ensemble, former, boire.
En haut de ces hommes, deux tiges d’achillée,
l’herbe aux devins (les baguettes utilisés pour les tirages).

En ce H21, mordre à travers et unir (au cœur de l’hexa il y a le H39, l’obstacle)
un obstacle  et c’est celui-ci qui doit être " mordu ",
pour pouvoir passer au travers et ensuite rétablir
une harmonie ! Et l’excès confirme toujours d’agir vite.

Parmi tous les conseils de l'image du H21,
il faut entendre par :
" il se mijote quelque chose."

La nourriture fluidique, captée par les baguettes d’achillée du Yi king,
et donnée par la bouche des devins qui pratiquent,
est la même que celle reçue par la bouche sous l’aspect
de la nourriture terrestre mijotée dans une marmite ;
les deux semblent différents et pourtant si l’on coupe
avec les dents les aliments de la terre, on en extrait l’énergie,
le prana, le Thin, et lui seul nourrit.

Le devin ou chaman pose ainsi les limites (ou mesure) du juste et de l’injuste.
La fusion entre les deux aspects de l’être pourra alors s’opérer pour réaliser l’être complet.

A cette image en supprimant l’apparence, on soulève le voile
et on trouve l’Essence Unique, préservée par le devin en toutes circonstances même les plus inopinées……"comme un cheveu qui tombe sur une soupe."

Etre prévoyant , au lieu de " chercher les nourritures terrestres ",
pense le Yi King,

"mieux vaudrait assimiler les nourritures célestes".
Retrouver son prana….et celui des autres ensuite…
par et en un chemin facile, celui de son corps physiologique.

Une alchimie s’y prépare encore faut-il rendre harmonieuse une patiente progression.
Le succès est au bout du chemin mais encore faut-il trancher.
Rencontrer un thérapeute ou tout autre médecin spécialisé.

Une réaction énergique est contenue dans ce H21
qui demande à se surpasser et
ce "
  mordre au travers " contribue à tout développement de l’harmonie produisant un changement heureux.

 On approche de l'essentiel par l’observation et les conditions de réunir,
de rétablir de l’harmonie, qui s’imposent.
A l’œil de le (les) cerner (discerner) et être soumis aux convenances du moment.
Puis avoir le geste utile, il en ressort des transformations qui secouent
l’entendement humain.

Cela invite à modifier la manière de percevoir,
ressentir intérieurement afin
de s’adapter à toutes les situations.

Ce qui donne comme perspective :
d’avoir un impact approprié par le long terme
et s’accorder avec harmonie aux saisons.

Se doter de patience dans tout échange autour de soi.
Échanges de paroles, d'actions, d'expériences
comme si l’eau coulait alors qu’elle avait été gelée.
Suivre le dégel et l’écoulement ne demande pas un trop gros effort
seulement d'attendre la saison.

C’est être prévoyant, par une attente soutenue et comme en un " déclic " :
la réaction énergique est de s’en tenir au simple.
D’où l’expression être au
" bon moment et au bon endroit "
et inopinément pour " mordre " et unir.

Puiser en toute source bienfaitrice fait naître l’émergence de l’harmonie
et ensuite de décréter efficacement.
On parvient ainsi à appréhender les forces de la nature en osmose.
Un bouillonnement est manifeste
au cœur de la réceptivité qui
elle, est dotée d’un grand pouvoir en celui
qu’elle rejoint, le Ciel.
Cela s’appelle le Yin d'élévation du regard
il est donc aisé d’en appliquer sa loi, et le H21 invite à son application.

Comme la mer est à marée basse, un point d’inflexion est atteint,
un processus de désorganisation touche à son maximum.
Un éveil a lieu.
Le goût d’un éveil par un réveil.

Connaître les transformations auxquelles chacun fait face chaque jour,
c’est prévoir mais lorsque la puissance céleste s’en "mêle"
alors nous sommes parfois décontenancés.
Secouer sa torpeur,
épurer son regard,
rectifier sa posture,
c’est comme si notre esprit avait mué…
alors qu’il était oppressé.

En fait c’est une transformation à vivre, une de plus,
un changement par une décision énergique fécondée par le yin puis
décrétée.


A cette association des H48 et H21
on plonge en douceur en cette immense harmonie qui peu à peu
fait entrevoir un gage de réussite à tout ce qui germe.

L’idée d’aller puiser  au fond des choses mène à l’action de trancher,
qui induit aussitôt, de ne pas partager seulement de l’eau mais des connaissances.

Voyons les trigrammes et leur symbolisme.
H48 : trigramme Vent (et bois) en bas est surmonté du trigramme Eau.
H21 : trigramme Tonnerre en bas surmonté du Feu (ou lumière).

Un seau en bois remontant de l’eau est une image trop simple.
On remonte la vie mais encore faut-il descendre en un puits, une source,
cela va secouer l’entendement humain,
y descendre certes mais pour en remonter quoi ?

Un tonnerre qui sort de terre une eau qui sort d’un puits,
serait-ce par deux fois des vérités de ressurgir ?

Si le tonnerre est mouvement, impulsion, impatience.
puiser son " seau " l'est également,
ce qui est enfoui dans la terre a besoin
de temps pour être remonté puis partagé.
Le yin travail en son domaine, en terre et en l’eau qu’elle recèle.

Puiser une eau, la remonter des profondeurs et de la voir exposée au grand jour pour étancher une soif mais pas seulement.

Le tonnerre de s’en mêler car attaché au feu
il permet de comprendre les deux façons de s’adapter à cette nouvelle " eau ":
la méthode tonitruante d’un tonnerre
et la flamboyante, lumineuse aussi rapide que l’éclair.

Et demeurant confiant avec ce que tout un chacun possède en soi......
l'harmonie mûrit, 
sereine ou tempêtueuse, jusqu’à enflammer une décision.

Entrevoir cette source, ce flux universel qui parcours chaque être
est abordable !
 Les possibilités sont grandes de conséquences heureuses,
les bienfaits de renforcer l’harmonie en chacun.

Il faut mettre tout son art à n'être et naître que soi, à chaque instant.

Suffit d’être patient, pénétrant tel un vent si doux qu’il passe inaperçu.
L’image de la diffusion d’un parfum harmonieux peut résumer cette association.


 

Guy H

[Aparté : A signaler qu'il n'y a aucun rapprochement à des événements actuels,
 et si cela était, complètement fortuit cela serait, car les baguettes utilisées apportent chaque jour des hexagrammes de manière aléatoire pour cette étude.]





 2 
 le: 18 Septembre 2020 à 18:30:29 
Démarré par Guy H - Dernier message par Guy H


29, l’eau, ABYSSE, ou s’entraîner au passage des ravins et
53, progresser ou avancer pas à pas.


On est proche de la réalité en définissant le H29 comme :
l’entraînement au passage des ravins,
avec des circonstances évoquant la présence d’un danger comme un traquenard.
Tout nouvel entraînement se fait par des petits pas.



K’AN. S’entraîner au passage des ravins.

Le trigramme Eau est répété deux fois.
Il renforce l’idée de répétition d’un danger parfois son côté insondable.
Il y a toujours à lire plus que de raison pour ce H29.

Les mots:
danger - engloutissement - caractère imprévisible - conditions hasardeuses - sentiments obscurs - insécurité - confrontation à la peur - courage .


Mais aussi :
S’exercer, s’entraîner à, apprendre, pratiquer, se familiariser avec, répéter un exercice, habitude, entraînement.

Autres symboles :
Le premier envol au-dessus de la falaise – vertige – les ailes se déploient pour la première fois dans le vide – se familiariser avec le vide, l’espace – vers le bas.

Le Ricci : Abîme, successions de dangers, moment où les difficultés multiples suscitent un redoublement d’effort pour atteindre au but.


L’image de cet hexagramme est le sol, d’où sort une plante.
Mais, ce sol à droite de la plante,
exhale des souffles comme le ferait un gosier.
Il s’agit d’une faille ou d’une caverne émettant des vapeurs délétères.

K’an évoque un contenant (caverne, lit de rivière) et à la fois un contenu dangereux (courant, gaz mortel).
De là l’implication de précipitation, de perturbation, d’embûche,
 de détour, d’indécision, de danger, de chute, de traquenard, d’enfoncement, de secret.
Autre pensée sur le sujet de Sylvie Verbois.
"Ce qui s’enfonce brusquement : l’être touche les profondeurs du doute et du désespoir."

L’homme se sent piégé par un élément qu’il ne contrôle pas.
Alors une expérience passée est à remettre en mémoire, ce qui vient du passé : se tenir immobile.
Et si cet hexagramme présente des aspects de crainte,
 il n’en est pas moins un hexagramme
 où se trouve la solution,
 de s’en sortir par un entraînement
à ces "passages" difficiles, une vigilance est de mise !

Et oui, plus l’adversité nous atteint et plus
d’expériences de l’adversité sont amassées.

Et quels que soient les dangers encourus,
 il faut garder confiance.

En fait ce H29 des "abysses"
 revient souvent lorsqu’ une expérience passée
nous fait TILT.


Le petit travail d’observation de la situation,
cette expérience qui  "reviendrait" :
 permet d’élever un obstacle pour s’en protéger et
 ne pas retomber dans le danger qui se présente.
 C’est de l’entraînement sans plus.

Revenons à l’image K’AN.
Deux auteurs en parlent de manière identique.
En premier Claude Pipitone en son "Yi King du thérapeute."
"…deux êtres vivent en symbiose, voire en interdépendance.
La plante à gauche inspire du gaz carbonique et expire de l’oxygène et l’homme inspire de l’oxygène et expire du gaz carbonique.
La plante trouve à côté de cet homme ce dont elle a besoin de vivre.
Ce pictogramme au sens littéral du dessin pourrait s’appeler le souffle de l’homme, du père…./…"


Marguerite de Surany aborde aussi cette image de Khan en son " Perpétuel Devenir. "
" La petite plante à gauche vient de sortir de terre et commence à croître. Elle assimile et capte l’énergie d’activité Yang solaire et astrale et la distribue.
Le jour elle exhale l’oxygène, la nuit du gaz carbonique. Un circuit s’organise qui va du ciel à la terre et de la terre au ciel.
Cet homme à droite (de l’image) respire ; il prend de l’oxygène et rejette le gaz carbonique. Ses pieds sont sur la terre, sa tête vers le ciel. En lui aussi s’organise un circuit intégration -rejet qui entretient la vie. C’est l’interlude subtil de la force vitale qui comprend le flux et le reflux, le stimulant et la réaction…./…
Cet immense circuit magnétique qui est la Vie est une Chose Unique. Il n’y a pas de matière, il n’y a pas d’esprit, mais seulement une lumière qui en crée une autre, la nourrit qui en recrée une autre…/…"


Et maintenant un plus, apparaît en des ouvrages comme ceux de C.D.Javary et D.Bonpaix. L'image de plumes.
Des plumes, oui qui n’apparaissent pas en d’autres ouvrages !
Ces plumes au-dessus d’un soleil levant signifie le début d’un mouvement des ailes.
Un apprentissage du vol.
A droite du dessin le signe de la terre et une gorge dont on voit la glotte surmontée de trois traits horizontaux :
signe de déficit, du manque.
 Ces deux parties accolées donnent le sens de " gouffre à franchir ".

Et pour y arriver dans le Jugement du H29 sont écrites quatre phrases importantes :
Il y a onde porteuse.
Unifier le cœur.
Favorisant.
Agir amène à se surpasser.


L’ eau par un mouvement continuel atteint son but.
L’homme de bien agissant avec un zèle réitéré
s’entraîne à la direction des franchissements.
Il se doit de maîtriser son cœur et savoir « nager ».

Se l’insistance de l’eau : par la reprise incessante de son mouvement,
finit toujours par vaincre.
D’où vouloir franchir les obstacles sans retenue,
 ils n’en seront que plus faciles par la suite à franchir dès lors
qu’ils se présenteront de la une même nature ;
seulement il est important de ne pas atteindre un seuil critique
pour ne pas plonger dans une partie d’inconnue.

L’eau qu’elle s’accumule patiemment dans les creux
ou bien revienne par vagues répétées,
 c’est de son obstination que lui naît sa force,
 par la persévérance qu’elle détermine son chemin.
L’humain d’en garder un excellent conseil.

Sombre comme les ravins où elle s’assemble,
 lourde comme la peine que demande leur franchissement,
l’eau est alliée à l’obscur.
Elle est aussi source de vie, de fécondité par un limon déposé ici et là.

Telle une lumière céleste, l’eau agit dans ce qui est
"caché et dissimulé " ,
mais aussi dans ce qui a "le cœur dense".
Son écoulement continu est l’image
de l’opiniâtreté nécessaire à qui veut se défaire de la confusion.
C’est ainsi que l’homme de bien connaît l’importance de la pratique,
qui discipline les forces sauvages et
 rassemble les énergies en une orientationclaire.

Cette leçon, il l’étend à ceux qu’il a charge de guider :
son enseignement ne fait qu’imiter l’écoulement continuel de l’eau et delà
mettre à profit les risques répétés inhérents au moment.
Un mouvement se produit celui de juguler ses peurs.

Dernière citation du H29 en l’ouvrage : " le Mémoire de la Mue " de Paco Alpi et Alain Constantin : "Comme la plante, qui trouve son chemin dans la terre,
et se faufile vers la lumière, ainsi, l’homme,
qui respire et soupire, mais trouve son chemin,
sur la terre, vers la lumière, et sinon se perd.

Parmi les ravins escarpés,
il chemine, respirant et transpirant,
comme les plantes et les arbres
alentour, il chemine
dans le chemin de la vie,
respirant et soufflant,
vivement. "


Ce H29 est comparable à un art,
celui d’un cheminement personnel avec des facilités comme des difficultés.

Et les six hexagrammes dérivés aident à la compréhension du H29.
H60 : la limitation (du chemin à parcourir).
H8 : la solidarité ou alliance (avec des compagnons de voyage).
H48, le puits ou source (de connaître le chemin à suivre).
H47, l’accablement ou épuisement (est induit les difficultés à cheminer).
H7, l’armée ou discipline (c’est savoir cheminer en ordre).
H59, la dissolution ou dénouer (et d’accomplir parfaitement le chemin).

Comme l’écrivait Zhu Xi :

" Qu’il s’agisse de se gouverner soi-même ou de gouverner les hommes,
il faut toujours procéder par la répétition de l’exercice et de la pratique ;
ce n’est qu’ensuite que la parfaite habitude assure la tranquillité. "
   

Le guide de cet "abysse"  intervient comme le vent au-dessus d’une montagne, c’est le H53 et d’apprendre à franchir des ravins
en commençant par de petites rivières .


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53, progrès graduel, pas à pas.

Le trigramme Montagne est surmonté du trigramme Bois.
C’est la progression réglée, graduelle, on comprend que
l'élévation des arbres provient de la montagne qui fixe des étapes.
Un arbre croît au sommet d’une montagne qui par sa masse a concentré beaucoup d’eau.



Les  mots : progrès graduel – continuité – prudente lenteur – faculté d’adaptation – approche convenable.

Mais aussi :
Se déverser dans, se jeter dans (cours d’eau). Mouiller, humecter, imbiber.
Exercer une influence (bonne ou mauvaise). Prononcé au quatrième ton) : Avancer pas à pas, pénétrer peu à peu, graduellement.

Autres symboles :
L’eau, le char, la hache, ces trois éléments creusent petit à petit les surfaces avec lesquelles ils sont en relation – progression par à-coups – mouvement cyclique.

Le Ricci : développement régulier, moment ne nouvelle étape est franchie dans la marche vers un accomplissement final.


En ce H53 on perçoit la manière d’utiliser la réceptivité en soi et
d’autres qualités toutes yin.

Faire entrevoir une progression harmonieuse
se présente sous la forme de trois images dans le pictogramme chinois.
- L’eau de la rivière qui creuse peu à peu son lit
- Le char lourd qui avance lentement
- la hache qui débite petit à petit par éclats.


Que des signes symbolisant une progression par petits pas…
chaque jour est un pas nouveau.

L’idée est d’avancer peu à peu… comme par une autre image antique toute chinoise dirions-nous :

"La femme à marier attend que l’homme s’avance " !

Le progrès graduel décrit une avancée lente, cadencée, régulière, pour laquelle la patience et l’endurance sont requises tout comme en toute méditation.

Dans le texte du H53, le symbole de cette progression est un échassier (grue, héron ou oie sauvage)
 au vol tranquille et sûr – oiseau migrateur dont le retour
 à date fixe est perçu comme garant de fidélité.

Les différentes étapes du voyage de cet oiseau s’accompagnent du thème de l’enfantement,
symbole du projet que l’on cherche à mener à terme.
Cette capacité d’engendrement,
c’est la femme qui en est l’exemple (pérennisation des générations)
et le symbole.
C’est donc la principale qualité YIN qui est mise en avant ici :
par un terme chinois qui signifie :
attendre, espérer, accueillir, se proposer
 et sert de marque pour le futur.

L’homme, quant à lui, est caractérisé par le terme
 qui désigne à la fois le mouvement et une action,
 une marche en avant caractéristique du comportement YANG disons dans le Ciel.
Tandis que la femme son domaine est la Terre et sa réceptivité,
c'est l'assurance de pérennité;
l’arbre sur la montagne apporte deux indications :
la montagne est rigueur, le bois est force de croissance.
En incrustant patiemment ses racines dans la roche,
l’arbre en dissout jour après jour l’inaltérable
dureté et grandit lentement,
 fortifiant sa sève par cette résistance.

Il est dit que le sage à la rigueur,
il n’a d’autres ancrages que sa force personnelle,
d’autre souci que de maintenir la direction qui l’affermit telle la sève de l’arbre qui embellit.

Et alors pourquoi il y aurait une difficulté à franchir des ravins ?
L’arbre par ses racines contourne même les roches les plus denses.

En cette situation il est utile d’avoir une hauteur intérieure ,
et non pas un motif d’orgueil ou de mépris.
Le sobre, le quotidien, l’ordinaire est ce terrain où s’exerce tout apprentissage.
Ainsi le sage est-il également flexible comme le bois.
Il considère le banal avec bienveillance et respecte les usages courants.

Plus, il voit dans leur continuité le signe d’un accord

"  L’homme de bien travaille à la racine.
C’est sur des racines bien ancrées
que la Voie peut croître et s’épanouir. "
Confucius.

Les ultimes conseils sont particuliers au 6èm trait du H53
avec ce texte qui commence par :[/i]
" L’oie des moissons progresse à hauteur de coteau…/…"

Messagère céleste, l’oie guide l’être sur son chemin.
Il convient de suivre son exemple, de ne rien faire avec précipitation mais spontanéité, d’avancer petit à petit dans la vie, sachant appréhender ce qui survient par la force d’un vent appelé harmonie.
Par trois fois on parle d’une oie sauvage et d’un conseil associé.
Cette oie qui prépare son émigration comme synchronisée avec le temps.

" Volant vers la rive" : prendre conseil avant de s’engager dans une voie.
"Avançant vers le haut de la falaise" : partager votre nourriture avec ceux qui vous entourent.
"S’envolant au plus haut des nuages" : le chaman doit utiliser ses plumes pour exécuter la danse du vent. " (citations en la version de Sylvie Verbois)

Ce guide demande de travailler à pas mesurés lorsqu’il est décidé de défaire des nœuds de manière graduelle et implique de développer des qualités yin éminentes…
principalement la souplesse à la manière d’un arbre !


Belle association des H29 et H53
qui incite à mesurer pleinement un potentiel pour franchir tout ravin.

Les trigrammes apportent un symbolisme parlant
plus qu’une explication de texte.

H29 : le trigramme Eau est en bas comme en haut.
H53 : le trigramme Montagne en bas est surmonté du trigramme Vent (ou bois).

L’eau est cet insondable, parfois indicible fluide, idéal pour un entrainement à transformer les êtres et les choses.
L’image de traverser des ravins ou obstacles pas forcément le liquide mais son côté fluide.
L’eau a ce caractère insondable dont il importe de savoir nager et d’en connaître les profondeurs. Pour d’autres, ce côté insondable est une inquiétude, angoisse voire un danger imminent.

Le côté terrien, rationnel, cartésien est secoué avec ce H53…
une montagne sortant de terre et d’y pousser un arbre.…
le mental, le physique, l'esprit, l'entendement fait s’interroger l’humain.

L’eau va être dispersée par le vent, mais en fait elle demeure la plus forte, on sait que la pluie arrête le vent. Ce H29 montre à la fois l’écoulement et les changements par le moyen des formes.
[A l’inverse des trigrammes qui donne le H48, en le puits est décrit la permanence des formes.]
Ces formes doivent être transformées et de montrer de l’audace à les changer demande souvent de dépasser les limites ordinaires.
Intervient le H53.

Montagne et vent ou bois vont très bien ensemble.
Un vent qui peut être doux ou violent mais sa force est de transporter et de rendre malléable.
Il modèle à sa façon au pied d’une montagne qui lui impose sa masse.
La montagne s’insère en ce décors à la fois pour stabiliser le vent et lui donner vie, un arbre surplombant tout paysage. Le vent progressivement a pénétré toutes les formes possibles naissant aux pieds de la montagne.

C’est encore la montagne qui donne vie en ce bois, à l’arbre de croître d’en bas comme d’en haut, et d’éclairer par cette nature les dispersions occasionnées par le vent.

Le Vent au-dessus de l’Eau
symbolise le désir d’expression et d’échanges
et en affirme les contours.
On dit que le ferme se distingue du souple,
(mais) le ferme obtient le centre.

En ce H29, il y a une image double de l’eau dans sa variété,
(flux coulant et flux stagnant) d'où
un art de la modération qui permet d’épanouir au mieux ... ...
un talent inexploité ….
on ne s'impatiente pas pour le montrer….
on a tout le temps pour avoir le geste utile....
et de se dire : GO !
dans la bonne humeur.

Nathalie Chassériau en son Yi Jing apporte cette ultime citation presque pour conclure cette association, en ce 6èm trait du H53:
" Vous êtes arrivé à bon port.
Votre travail est fait, vous pouvez maintenant vous détendre.
Il n’est plus question d’avancer mais plutôt de contempler le chemin parcouru.
Vous avez beaucoup appris durant votre cheminement, et il y a chez vous un certain détachement par rapport à l’agitation qui vous entoure.
Mais qui pourrait vous le reprocher ? "


Même la témérité est acquise.
Mais à situations problématiques on prend goût à cette témérité,
cependant une vigilance est de mise car Icare ne s’est-il pas brûlé les ailes ?

Pour avoir été trop dans le Ciel (vivre ces entrainements) un retour sur Terre est nécessaire
comme aller à l’essenCiel ainsi l’on soupèse ce qui se précipite !
Et d’aller pas à pas c’est s’enrober d’harmonie précieuse,
s'ensuit une action judicieuse.

Parfois on interroge la mémoire des épreuves surmontées auparavant.
Franchir des ravins en toute confiance devient passionnant en suivant des pas déjà franchis en d’autres contrées, d’autres occasions.
Cela en devient un plaisir de goûter à ces chemins variés faits d’ordinaires.




Guy H


[Aparté : A signaler qu'il n'y a aucun rapprochement à des événements actuels.
Si cela était, complètement fortuit cela serait car les baguettes utilisées apportent chaque jour des hexagrammes de manière aléatoire pour cette étude. ]


 3 
 le: 01 Août 2020 à 12:51:39 
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              A peine plongé entre les lotus rouges
              Le voilà qui survole la berge claire
              Soudain, poisson au bec, plumes tendres
              Seul sur une branche, là, flottant




Wang Wei
La digue - aux - Cormorans


 4 
 le: 01 Août 2020 à 12:41:43 
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L' âme
Cette petite lueur
Au cœur du silence flamboie
Au cœur des villes s'efface



Ping Hsin


 5 
 le: 01 Août 2020 à 12:39:14 
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           Au bout des branches, fleurs de magnolias,
           Dans la montagne ouvrent leurs rouges corolles ;
           - Un logis, près du torrent, calme et vide -
           Pêle-mêle, les unes éclosent, d'autres tombent.



Wang Wei


 6 
 le: 01 Août 2020 à 12:36:09 
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               Une humble cour entourée de bambous dépouillés.
               Après le vent-pluie les iris ont leurs tiges cassées.
               Au profond des feuillages chantent les oiseaux ;
               Sur les mousses vertes nulle trace humaine.

               Au Pavillon d'Hirondelles durable est le jour.
               Les arbres sont lourds de fruits, en été.
               Sur mes tables s'accumulent des livres rares ;
               Je m'y plonge à l'heure claire près d'une croisée.




Wei Ying-Wu


 7 
 le: 01 Août 2020 à 12:32:25 
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           Susurre le vent : ombres, fraîcheurs
           Purifiant pour moi vallons et bois
           Il fouille, près du torrent, la fumée d'un logis
           Et porte la brume hors des piliers de montagne

           Allant, venant, sans jamais laisser de traces
           S'élève, s'apaise, comme mû par un désir
           Face au couchant, fleuve et mont se calment :
           Pour vous, il éveille le chant des pins





Le vent - Wang Bo



Su-su / fraîche ombres naître
Accroitre en moi / bois-vallons pureté
Chassant fumée / chercher torrent logis
Roulant brume / franchir montagne piliers
Aller-venir / toujours sans trace
Se mouvoir-s'arrêter / comme y avoir sentiment
Soleil couchant / mont-fleuve calme
Pour vous / susciter pins bruissement

 8 
 le: 01 Août 2020 à 12:24:14 
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            Sur les crêtes au sud les nuages sont passés, apparaît leur émeraude                pourpre
            sur la rivière au nord l’averse chasse la solitude
            réveil après l’ivresse, je sors du rêve, journée de fin de printemps
            je ferme la porte et, assis appuyé à la table basse, je brûle de l’encens





 9 
 le: 01 Août 2020 à 12:21:32 
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           Au milieu de ma vie je me suis épris du tao
           sur mes vieux jours j’habite au pied de la montagne du sud
           quand l’envie me prend, solitaire je m’y rends
           de choses si merveilleuses je suis le seul à jouir
           je marche jusqu’à la source
           assis, je regarde les nuages qui s’élèvent
           par hasard je rencontre un vieux bûcheron
           nous parlons, nous rions, oubliant le retour




Wang Wei (701-761)


 10 
 le: 01 Août 2020 à 12:11:06 
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Amoureux du ciel d'été
Les bouddhas
s'y rassemblent





Hirose Naoto


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