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25 Mai 2020 à 15:53:18

Izazen  |  Au jardin des pensées et philosophies  |  Textes à méditer (Modérateur: Izazen)  |  Fil de discussion: Le Petit Prince 0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion. « sujet précédent | | sujet suivant »
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Auteur Fil de discussion: Le Petit Prince  (Lu 9183 fois)
Izazen
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Le Petit Prince
« le: 02 Décembre 2008 à 18:43:43 »



Création : Keiii


Rencontre avec le renard



-Bonjour, dit le renard. ..
-Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
-Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
-Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli..
-Je suis un renard, dit le renard.
Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...
-Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé
-Ah ! pardon, Et Je petit prince.
Mais, après réflexion, il ajouta:
-Qu'est ce que signifie « apprivoiser » ?
-Tu fi es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu!
-Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est-ce que signifie « apprivoiser » ?
-Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant! Ils élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
-Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie « apprivoiser »?
-C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens... »
-Créer des liens ?
-Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons.
Et je n' ai pas besoin de toi. Et tu n'a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
-Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...
-C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses.
-Oh! ce n'est pas sur la Terre, dit le petit prince. Le renard parut très intrigué:
-Sur une autre planète ?
-Oui.
-Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?
-Non.
-Ça, c'est intéressant! Et des poules ?
-Non.
-Rien n'est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée:
-Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:
-S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il.
-Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de
temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
-On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis.
Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
-Que faut-il faire ? dit le petit prince.
-Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...
Le lendemain revint le petit prince.
-Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après- midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens
n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur. Il faut des rites.
-Qu'est-ce qu'un « rite » ? dit le petit prince.
-C'est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les
filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche:
-Ah ! dit le renard... je pleurerai.
-C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal,
mais tu as voulu que je t'apprivoise...
-Bien sûr, dit le renard.
-Mais tu vas pleurer! dit le petit prince.
-Bien sûr, dit le renard.
-Alors tu n'y gagnes rien !
-j'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta:
-Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.
Le petit prince s'en fut revoir les roses.
-Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard
semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient gênées.
-Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. on ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu' elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même Quelquefois se taire. Puisque c' est ma rose.
Et il revint vers le renard:
-Adieu, dit-il...
-Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit
bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
-L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
-C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
-C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... lit le petit prince, afin de se souvenir.
-Les hommes ont oublié, cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
-Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir.



Antoine de Saint-Exupéry
« Dernière édition: 09 Décembre 2008 à 11:18:08 par Izazen » Journalisée
Jeannine
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Re : Le Petit Prince
« Répondre #1 le: 03 Décembre 2008 à 19:54:07 »

Ah lala! Que j'aime ce texte! J'avais dix ans lorsque je l'ai découvert avec la voix de Gérard Philippe!
Et que penser de la première phrase, lourde de sens :


" J'ai vécu seul, jusqu'à une panne dans le desert du Sahara il y à un an "

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Izazen
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Re : Le Petit Prince
« Répondre #2 le: 03 Décembre 2008 à 20:43:28 »


   Je n'ai lu ce livre en entier , il a seulement quelques années, dans des circonstances bien particulières...tout ce que je peux dire c'est qu'il a provoqué un déclic positif extraordinaire

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Re : Le Petit Prince
« Répondre #3 le: 06 Décembre 2008 à 21:21:51 »

Merci de donner vie ici au " Petit Prince"
c'est un livre initiatique de grande valeur à mes yeux..
Comme beaucoup de ces histoires apparament anodines qui cachent , comme pour le protéger des regards inutiles, un message profond .

On le lit souvent trop jeune ..en le trouvant simplement mignon..
Puis un jour , plus tard ( par hasard..), il tomde entre nos mains pour nous dire ce que nous avons à apprendre de lui..sa lecture peut ainsi durer toute une vie ..

C'est justement ce passage du renard que j'ai relu souvent ..
et qui m'apprend toujours à regarder le monde .
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Re : Le Petit Prince
« Répondre #4 le: 08 Décembre 2008 à 08:11:52 »

Un livre initiatique, oui complétement Lilou :-)

Voici un autre extrait "décliquant" : le passage du puit.



Création : Miss Nefer


"Bonjour, dit le petit prince.

-Bonjour", dit le marchand.


  C'était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l'on n'éprouve plus le besoin de boire.

"Pourquoi vends-tu ça? dit le petit prince.

-Cest une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.

-Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes?

-On en fait ce que l'on veut..."
  "Moi, se dit le petit prince, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine..."
 
Nous en étions au huitième jour de ma panne dans le désert, et j'avais écouté l'histoire du marchant en buvant la dernière goute de ma provision d'eau:

"Ah! dis-je au petit prince; ils sont bien jolis, tes souvenirs, mais je n'ai pas encore réparé mon avion, je n'ai plus rien à boire, et je serais heureux, moi aussi, si je pouvais marcher tout doucement vers une fontaine!

-Mon ami le renard, me dit-il...
-Mon petit bonhomme, il ne s'agit plus du renard!
-pourquoi?
-Parce qu'on va mourir de soif..."

  Il ne comprit pas mon raisonnement, il me répondit:"C'est bien d'avoir un ami, même si l' on va mourir. Moi, je suis bien content d'avoir eu un ami renard..."

"Il ne mesure pas le danger, me dis-je.Il n'a jamais ni faim ni soif. Un peu de soleil lui suffit..."
   Mais il me regarda et répondit à ma pensée:
"J'ai soif aussi, cherchons un puits..."
  J'eus un geste de lassitude: il est absurde de chercher un puits, au hasard, dans l'immensité du désert. Cependant nous nous mîmes en marche.
 
 Quand nous eûmes marché, des heures, en silence, la nuit tomba , et les étoiles commencèrent de s'éclairer. Je les apercevais comme en rêve, ayant un peu de fièvre, à cause de ma soif. Les mots du petit prince dansaient dans ma mémoire:

" Tu as donc soif, toi aussi?" lui demandais-je.

Mais il ne répondit pas à ma question. Il me dit simplement:
 
"L'eau peu aussi être bonne pour le coeur..."

 Je ne compris pas sa réponse, mais je me tus... Je savais bien qu'il ne fallait pas l'interroger.
Il était fatigué. Il s'assit. Je m'assit auprès de lui. Et après un silence, il dit encore:

"Les étoiles sont belles, à cause d'une fleur que l'on ne voit pas..."

Je répondis "bien sûr" et je regardai, sans parler, les plis du sable sous la lune.

"Le désert est beau" ajouta-t-il...

Et c'était vrai. J'ai toujours aimé le désert.On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entends rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence...

"Ce qui embelli le désert, dit le petit prince, c'est qu'il cache un puits quelque part..."
Je fus surpris de comprendre soudain ce mystérieux rayonnement du sable.Lorsque j'étais petit garçon, j'habitais une maison ancienne, et la légende racontait qu'un trésor y était enfoui. Bien sûr, jamais personne n'a su le découvrir, ni peut-être même ne l'a cherché . Ma maison cachait un secret au fond de son coeur...
"Oui, dis-je au petit prince,qu'il s'agisse de la maison, des étoiles ou du désert, ce qui fait leur beauté est invisible!
-Je suis content, dit-il, que tu sois d'accord avec mon renard."
 Comme le petit prince s'endormait, je le pris dans mes bras, et me remis en route. J'étais ému. Il me semblait porter un trésor fragile. Il me semblait même qu'il n'y eût rien de plus fragile sur la Terre. Je regardais, à la lumière de la lune, ce front pâle, ces yeux clos, ces mèches de cheveux qui tremblaient au vent, et je me disais:" Ce que je vois là n'est qu'une écorse. Le plus important est invisible..."
  Comme ses lèvres entrouvertes, ébauchaient un demi-sourire je me dis encore: "Ce qui m'émeut si fort de ce petit prince endormi, c'est sa fidèlité pour une fleur, c'est l'image d'une rose qui rayonne en lui comme la flamme d'une lampe, même quand il dort..." Et je le devinais plus fragile encore. Il faut bien protéger les lampes: un coup de vent peut les éteindre...
Et, marchant ainsi, je découvris le puits au lever du jour."



Antoine de Saint-Exupéry
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Re : Le Petit Prince
« Répondre #5 le: 08 Décembre 2008 à 09:06:33 »

Merci Izazen pour ce partage ..

"Ce qui embelli le désert, dit le petit prince, c'est qu'il cache un puits quelque part..."

Ce qui embelli l'homme , c'est qu'il cache le Divin en lui..
N'oublie pas d'aimer l'être exceptionel que Tu ES .
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Izazen
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Re : Le Petit Prince
« Répondre #6 le: 08 Décembre 2008 à 10:08:45 »

oui  Sourire merci infiniment Lilou de mettre en lumière l'essentiel




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izazen
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