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25 Mai 2020 à 15:40:06

Izazen  |  Au jardin des pensées et philosophies  |  Textes à méditer (Modérateur: Izazen)  |  Fil de discussion: Contes zen 0 Membres et 2 Invités sur ce fil de discussion. « sujet précédent | | sujet suivant »
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Contes zen
« le: 17 Février 2011 à 20:43:18 »


Le Satori, l'Eveil à la conscience du Bouddha, l'Illumination, selon les doctrines du Zen, surgit à l'occasion d'un événement impromptu, d'un hasard, d'une chance, dans les esprits préparés à l'accueillir.
Comme le voleur dans la "maison vide": l'âme débarrassée de son "ego".





La lune dans un vieux seau






 

Une nonne étudiait le Zen, jour après jour, depuis trente-trois ans. Elle était entrée au monastère en qualité de jeune novice à dix-sept ans. Elle en avait cinquante, maintenant. Sa vie de fertilité était achevée. Elle n'en gardait pas d'amertume.
                Elle préparait le riz ou l'orge grillé, elle allait matin et soir chercher de l'eau au puits distant d'une centaine de mètres. Parfois, un nuage de mélancolie la visitait, elle le chassait. Elle pratiquait zazen avec régularité, elle méditait, elle étudiait les écrits des grands maîtres du passé. Mais elle n'avait jamais connu le Satori, la paix inimaginable, qui inonde brusquement l'âme étonnée, le rire, le grand rire de l'Eveil.
                Un soir, elle revenait du puits et la nuit tombait. Elle observait sans y penser le reflet de la lune dans l'eau du seau. C'était un vieux seau, dont elle avait réparé le fond avec du bambou tressé. Brusquement il céda, l'eau s'échappa, et la lune disparut aussitôt avec l'eau du vieux seau. A cet instant précis, elle connut le Satori.

Elle fut libre.





« Dernière édition: 21 Avril 2011 à 16:56:46 par Izazen » Journalisée
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Re : Contes zen
« Répondre #1 le: 18 Février 2011 à 18:33:46 »



La maitrise de la pensée




Renki l'éléphant





Ryoto, jeune moine bouddhiste, se plaint de ne pouvoir tenir sa pensée en repos. Elle saute sans cesse, comme un cabri...
"Ou comme un éléphant sauvage",
dit le vieux maître zen.
Ryoto, voyant pétiller l'oeil de son maître, devine qu'il va lui conter une histoire, et il s'assied à ses pieds à l'ombre du bananier.

Renki était un éléphant sauvage,
que l'on captura à l'âge de trois ans.
Une robe gris clair sans défaut,
les défenses longues, minces et pointues,
des oreilles en forme triangulaire parfaite,
un beau mâle que son maître,
un marchand d'éléphants dressés,
espérait vendre un bon prix au seigneur du royaume.

On  attacha Renki à un piquet,
au bout d'une corde très solide.
Le jeune éléphant se mit à se débattre avec énergie,
avec furie;
il ruait,
piétinait seuvagement la terre sous ses lourdes pattes,
barrissait à fendre l'âme.
Mais le piquet était bien enfoncé, et la corde épaisse.

            Renki ne pouvait se débarrasser ni de l'un ni de l'autre. Alors il entra en rage désespérée, mordant l'air, levant la trompe, barrissant lamentablement vers le ciel. Il s'épuisait en efforts et en cris.
           Quand brusquement, un matin, Renki se calma, il ne tira plus sur la corde, ne maltraita plus le sol de ses quatre pattes, ne fit plus trembler le voisinage de ses barrissements.
Alors le maître le détacha.
           Il put aller d'un endroit à l'autre, portant un baril d'eau, saluant chacun, rendant service à la communauté.
Il fut heureux et libre.

Ta pensée est comme un éléphant sauvage,
dit le vieux maître à son disciple.
Elle prend peur, saute en tous sens, et barrit aux quatre vents.
Ton "attention" est la corde,
et "l'objet choisi de ta méditation", le piquet enfoncé dans le sol.

Calme ta pensée, apprivoise-la, maîtrise-la, et tu connaîtras le secret de la vraie liberté.



Conte Indien



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Re : Contes zen
« Répondre #2 le: 21 Avril 2011 à 17:04:22 »





La bannière et le vent



Par un bel après-midi de printemps, un maître zen rentre de promenade. Le temps est délicieux, ni chaud, ni froid, un temps d'équilibre et de grâce auquel l'âme spontanément s'accorde. Une légère brise souffle et, en arrivant face au portail du monastère, le maître constate que la bannière à l'effigie de Bouddha faseye doucement au vent.
Deux novices sont plantés devant.
"C'est la bannière qui bouge!
- Non c'est le vent!
- Selon la bonne doctrine, ce qui importe, c'est ce que nous voyons devant nous maintenant. Et c'est la bannière, et elle bouge!
- Pas du tout, ta vision est erronée, car l'agitation de la bannière n'est que la conséquence du vent de l'apparence.
- Mais l'existence du vent est une hypothèse!
- La bannière ne bouge pas sans motif, sa réalité est constitutive du vent!
- Pure spéculation!
- Evidence!
- Non, pas du tout!
- Mais si!"
                          Les deux moines s'échauffent, ce qui n'était qu'une conversation aimable devient une dispute, une bataille. Peu s'en faut qu'ils n'en viennent aux mains. C'est alors qu'ils aperçoivent le maître du temple, qui les regarde impassible.
Un peu confus, ils se tournent vers lui:
"Maître, est-ce la bannière qui bouge, est-ce le vent?

- Ce n'est pas la bannière, ce n'est pas le vent, c'est votre esprit qui bouge."



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